Faisons ensemble respecter nos droits, nos choix, nos voix !
C'est de notre vie dont il s'agit !
Protestation auprès du Sous-Préfet et du Préfet de Lisieux concernant la Commission Consultative P.E.B. Aéroport de Deauville.
Monsieur le Préfet,
Je tiens à vous faire part de mon étonnement devant le refus de la Chambre de Commerce d'Honfleur de nous faire parvenir le procès verbal de la réunion tenue le 19 octobre 2006 à la Sous-Préfecture de Lisieux, sous votre Présidence. Politique de refus ou de sourde oreille, peu importe, le résultat est le même : nous n'avons pas ce procès verbal malgré notre demande et ce fait est unique dans les annales concernant les informations à faire circuler dans le cadre d'une commission consultative. Cette forme d'autoritarisme est le contraire de ce que les populations attendent et la Chambre de Commerce s'attribue des méthodes autocratiques pour lesquelles elle n'est pas mandatée.
D'autre part, l'obligation évidente et légale de veiller à établir à parts à peu près égales un équilibre entre les communes et donc, leurs habitants, concernés par les nuisances et le bruit de l'aérodrome en question et les promoteurs directs du projet d'extension du trafic aéronautique, n'a pas été respectée.
En effet, en tant que titulaires, deux maires étaient bien présents, mais l'un l'était au titre de la communauté de communes d'Honfleur, le second au titre des "communes dans les zones de bruit" ?
Information verbale annoncée sans autres explications en début de séance : un étrange raccourci pour les treize ou quatorze communes de la "communauté de communes du canton d’Honfleur" et l'ensemble des "communes dans les zones de bruit" autour du Plateau de la Croix-Sonnet, côté Trouville comme côté Saint Gatien.
Les précédentes commissions consultatives avaient convoqué tous les maires et organismes concernés à quelques titres que ce soit, tous étaient présents, ce qui avait donné consistance aux discussions.
Notre Association était présente, ainsi que l'Association Littoral et Forêt, qui existe depuis un an environ seulement et n'est pas au fait encore de toutes ces questions.
En face, seize représentants des professions aéronautiques et des administrations, toutes parties prenantes dans le projet d'extension du trafic, en assuraient la promotion.
Les deux responsables de l'Agriculture et de la Forêt ainsi que de l'Environnement étaient absents : le premier, convoqué, n'est pas venu ; aucune explication n'a été donnée pour son absence ; le second n'était pas présent... Etranges absences sur des sujets particulièrement sensibles et sur lesquels ils auraient pu avoir beaucoup à dire !
La commission consultative a pour mission, comme son nom l’indique, de consulter. Or la révision du P.E.B. était attendue pour une adaptation des zones de bruit induites par l'augmentation de trafic annoncé depuis deux ans par rapport aux habitations, existantes et à venir. C'est tout le contraire qui a été administré durant toute la réunion : "Les avions d'aujourd'hui faisant moins de bruit que les avions d'hier", selon les dires du Président de la C.C.I. d'Honfleur, il en a déduit autoritairement que le bruit n'existait plus, et donc que les populations présentes et futures n'avaient plus qu'à se contenter de croire ce qu'il leur affirmait.
Affirmation non démontrée, et pour cause : aucune étude de bruit n'ayant été avancée, aucun relevé de bruit sur le terrain n'a été effectué ; les seuls relevés qui ont été réalisés par l'expert nommé par le Tribunal Administratif de Caen pour le compte de notre Association ont été balayés du revers du coude, toujours par le Président de la C.C.I. d'Honfleur.
Si les indices en Lden utilisés par la D.G.A.C. aujourd'hui, semblent plus rassurants pour les populations, il se trouve que nous avons retrouvé les correspondances en décibels, et en réalité, ils traduisent les mêmes niveaux de bruit.
En résumé, suivant la tentative de démonstration du Président de la Chambre de Commerce d'Honfleur, plus le trafic devrait augmenter, plus les zones de bruit devraient, elles, rétrécir : le contraire des textes de lois qui préconisent la protection des habitants exposés au bruit. C'est d'ailleurs à cette fin que sont étudiés les plans d'exposition au bruit, croyons nous savoir, contrairement à la .C.C.I.
Une projection sur écran nous a montré que les zones de bruit très fort "A" et fort "B" étaient cantonnées sur la longueur de la piste (?)
En clair, ces zones sont totalement supprimées en terme de bruit, puisque personne n'habite sur la piste. Ce qui veut dire qu'à 800 mètres du seuil de la piste, la Croix Sonnet côté Trouville, la route de la Mue et les alentours, également dans l'axe de la piste, côté Saint Gatien, les zones de bruit se retrouvent en zone "C" c'est à dire en "bruit moyen ou faible" et URBANISABLES.
Encore plus grave : le parallèle entre les nouveaux indices Lden et les indices dB (décibels) ne nous a pas été donné, ce qui implique que les habitants, riverains, résidents secondaires, maires, organismes concernés, bref, personne sauf les parties prenantes du projet présentes à cette Commission, n'ont pu comprendre ni être mis au courant du contenu du chèque en blanc qui a été demandé à l'issue de cette commission "consultative". Drôle de démocratie.
Approche d'un Boeing 737 - 800 à 2 kms du seuil de la piste (au dessus d'Hennequeville) : bruit entre 80 et 85 décibels (direction générale aviation civile).
Décollage d'un Boeing 737 - 800 : bruit jusqu’à 5 Km du seuil de décollage : entre 85 et 90 décibels (Trouville ou Deauville, suivant le couloir aérien). Hennequeville, par exemple, est à 1800 mètres environ à vol d’oiseau.
Ce qui correspond exactement à ce qu'avait relevé l'expert nommé par le Tribunal Administratif de Caen, qui, au décollage, avait relevé à 1000 mètres du seuil de la piste (la Croix Sonnet) jusqu'à 100 et 130 décibels pour un appareil de type Boeing 737. Or, une étude d'impact pour le compte de la communauté de communes Côte Fleurie faite tout dernièrement a signalé que "le bruit au niveau de 130 décibels pour un Boeing ou autre avion de ce type au décollage, confinait au seuil de la douleur".
En conséquence, Monsieur le Préfet, l'esprit de la commission consultative sur l'environnement du 19 octobre a été dénaturé et transformé en réunion destinée à entamer les étapes devant aboutir à l'approbation "organisée" d'un nouveau Plan d'exposition au Bruit sans que toutes les communes, donc les populations, ni les organismes concernés soient réellement au courant du contenu réel de cette révision. Le transfert de certains pouvoirs aux régions ne leur donne pas pour autant le pouvoir de contourner la législation en vigueur, surtout en matière de nuisances aéroportuaires.
Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, en l'expression de ma grande considération.
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